Il n’existe pas une forme d’intelligence, mais plusieurs. Le système scolaire valorise certaines d’entre elles plus que d’autres. Dans la vie professionnelle, c’est différent : des aptitudes peu utiles à l’école peuvent se révéler très précieuses dans un métier.
D’où viennent les 8 formes d’intelligence ?
Le psychologue américain Howard Gardner, professeur à Harvard, a proposé en 1983 la théorie des intelligences multiples. Il décrivait alors 7 formes d’intelligence, puis en a ajouté une huitième dans les années 1990 : l’intelligence naturaliste.
Selon Gardner, chacun possède ces 8 types d’intelligence, à des degrés divers, et s’appuie plus volontiers sur certains d’entre eux. Les autres ne sont pas perdus : ils se travaillent et se développent avec le temps.
Repérer les intelligences dominantes de votre enfant aide à comprendre comment il apprend le mieux. C’est aussi un indice utile au moment de choisir une orientation scolaire ou professionnelle.
1. L’intelligence logico-mathématique
C’est la capacité de calculer, de quantifier, de raisonner avec logique et de résoudre des problèmes mathématiques et scientifiques. Ces personnes aiment les chiffres, l’analyse et le raisonnement.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- aime le calcul mental, les sciences ou les jeux de stratégie ;
- explique par analogies et veut une raison à tout ;
- travaille de façon ordonnée et rigoureuse.
2. L’intelligence verbo-linguistique
C’est la capacité d’utiliser les mots et le langage pour exprimer ou saisir des idées complexes.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- aime écouter, lire et écrire ;
- s’exprime avec facilité, aime raconter et mimer des histoires ;
- apprécie les jeux de mots (mots croisés, Scrabble…).
À l’école, les évaluations privilégient surtout ces deux premières formes d’intelligence, logico-mathématique et verbo-linguistique. Un élève dont les points forts sont ailleurs se retrouve donc souvent défavorisé, sans être moins capable pour autant.
3. L’intelligence musicale-rythmique
Ces personnes sont sensibles aux sons, aux rythmes, aux timbres et aux émotions que la musique fait naître. Elles reconnaissent facilement des motifs musicaux, les interprètent et en inventent.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- fredonne en travaillant ou en marchant, tape du pied ou du crayon ;
- invente des airs et des mélodies, chante juste, garde le tempo ;
- saisit facilement l’accent d’une langue étrangère.
C’est souvent la forme d’intelligence la moins sollicitée dans l’enseignement classique.
4. L’intelligence corporelle-kinesthésique
Ces personnes utilisent leur corps de manière fine et précise. Elles s’expriment par le mouvement, pour faire passer une idée ou une émotion, ou pour réaliser une activité physique.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- a une bonne coordination et aime le sport ;
- est habile de ses mains en bricolage ou en travaux manuels ;
- préfère montrer ou construire un modèle plutôt qu’expliquer, aime jouer la comédie.
5. L’intelligence visuelle-spatiale
C’est la capacité de se représenter mentalement des idées, des formes et des espaces, et de les visualiser.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- explique en faisant un dessin ou un schéma ;
- aime les puzzles et les arts visuels ;
- a un bon sens de l’orientation et lit facilement une carte.
6. L’intelligence interpersonnelle
L’intelligence interpersonnelle, ou sociale, permet d’agir et de réagir avec les autres de façon juste et adaptée. Ces personnes comprennent les autres et perçoivent leurs humeurs, leurs intentions et leurs émotions.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- est ouvert aux autres et s’intègre facilement dans un groupe ;
- trouve des solutions créatives aux problèmes de ses camarades ;
- prend volontiers la place de meneur.
7. L’intelligence intrapersonnelle
L’intelligence intrapersonnelle permet de bien connaître ses forces et ses faiblesses, de se faire une image juste de soi et de s’en servir pour avancer.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- connaît ses talents et ses limites ;
- se fixe des objectifs réalistes et va au bout de ce qu’il entreprend ;
- résiste à l’impulsivité et se laisse difficilement influencer.
8. L’intelligence naturaliste
C’est l’intelligence qui rend sensible au vivant et à l’environnement. Elle permet d’observer, de reconnaître, de classer et d’organiser tout ce qui touche à la nature et à la matière.
On la reconnaît chez un enfant qui :
- est fasciné par les animaux, les plantes, les roches ou les étoiles ;
- remarque les détails et les anomalies dans la nature ;
- aime observer, trier et ranger par catégories.
Ce que ça change pour votre enfant à l’école
La théorie de Gardner est un cadre de réflexion très utilisé par les enseignants. Elle reste discutée par les chercheurs, qui n’ont pas réussi à mesurer ces 8 formes séparément. Elle sert donc à ouvrir des pistes, sans enfermer un enfant dans une étiquette.
Concrètement, varier les façons d’apprendre aide presque tous les élèves :
- dessiner un schéma ou une carte mentale pour retenir une leçon ;
- réciter à voix haute, ou en rythme, une règle de grammaire ;
- manipuler des objets pour comprendre une fraction ;
- expliquer la matière à quelqu’un d’autre pour vérifier qu’on l’a comprise.
Un enfant qui a de bonnes capacités, mais peu reconnues par l’école, peut finir par douter de lui. Mettre des mots sur ses points forts l’aide à reprendre confiance, puis à s’appuyer dessus pour travailler les matières qui lui résistent.
Accompagner votre enfant selon son profil
Chez My Sherpa, un conseiller pédagogique choisit pour votre enfant un coach qui part de sa façon d’apprendre. En cours particuliers, à domicile partout en Belgique ou en ligne, le coach s’appuie sur ses points forts pour l’aider à progresser dans les matières plus difficiles. Il peut aussi l’aider à construire une méthode de travail qui lui ressemble.
L’intelligence est multiple et évolue : chaque enfant a ses propres talents, il suffit de les cultiver.