Votre enfant lit lentement, bute sur des mots qu’il a pourtant vus cent fois ou confond encore certaines lettres en fin de primaire ? Ces signes peuvent relever d’un simple retard, ou d’une dyslexie, un trouble durable de la lecture. Voici comment la reconnaître, qui consulter en Belgique et comment aider votre enfant au quotidien.
Qu’est-ce que la dyslexie ?
La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages qui touche la lecture. L’enfant a du mal à identifier les mots écrits avec rapidité et précision, ce qui rend la lecture lente et fatigante. Elle fait partie de la famille des troubles « dys », avec la dysorthographie pour l’écriture et la dyscalculie pour le calcul.
La dyslexie n’a rien à voir avec l’intelligence, la paresse ou un manque d’éducation. Un enfant dyslexique peut avoir un raisonnement vif et un vocabulaire riche à l’oral. C’est le passage de l’écrit au langage qui lui coûte beaucoup d’énergie.
Le trouble est durable : il ne disparaît pas avec l’âge. Bien accompagné, un enfant dyslexique progresse pourtant nettement et trouve des stratégies pour suivre une scolarité complète, jusqu’aux études supérieures.
Les signes de dyslexie qui peuvent alerter les parents
Certains indices méritent votre attention, surtout s’ils persistent malgré un entraînement régulier :
- il a du mal à comprendre que les mots parlés ou écrits se découpent en syllabes et en sons ;
- il peine à déchiffrer les mots nouveaux ou peu familiers ;
- il ne reconnaît pas rapidement des mots qu’il lit pourtant souvent ;
- sa lecture reste lente, hachée, entrecoupée de longues pauses ;
- il confond des sons proches (b et d, p et q, f et v) ou inverse des lettres ;
- il comprend bien un texte lu à voix haute par un adulte, beaucoup moins quand il le lit seul ;
- la lecture le fatigue vite et il l’évite autant que possible.
Un seul de ces signes ne suffit pas à conclure. Beaucoup d’enfants passent par une phase difficile en début d’apprentissage sans être dyslexiques. C’est l’accumulation et la persistance des difficultés qui justifient un avis spécialisé.
Dyslexie ou difficulté passagère en lecture ?
Une difficulté de lecture vient souvent d’un manque d’entraînement, d’une méthode mal assimilée, d’un souci de vue ou d’audition, ou d’un manque de confiance. Elle se résorbe en général avec du temps et des explications adaptées.
La dyslexie, elle, résiste à cet entraînement classique. L’enfant travaille, mais la lecture ne s’automatise pas et l’écart avec les élèves de son âge se maintient. Le diagnostic se pose donc après une période d’apprentissage de la lecture, une fois que les difficultés ont pu être observées dans la durée.
Qui pose le diagnostic de dyslexie en Belgique ?
Le diagnostic repose sur un bilan réalisé par un logopède. À l’aide de tests standardisés, il évalue la lecture, la conscience des sons, la vitesse et la compréhension, et compare les résultats à ceux des enfants du même âge.
D’autres professionnels interviennent souvent autour de ce bilan :
- le médecin traitant ou le pédiatre, premier interlocuteur, qui peut faire vérifier la vue et l’audition et orienter vers les bons spécialistes ;
- le centre PMS de l’école, qui vous conseille et fait le lien avec les enseignants ;
- le neuropsychologue, quand il faut examiner aussi l’attention ou la mémoire et écarter d’autres causes.
La logopédie peut être en partie remboursée par l’INAMI, via votre mutuelle, sous conditions : prescription médicale, bilan avec des tests reconnus et accord du médecin-conseil. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle et du logopède avant de commencer.
Comment aider votre enfant dyslexique au quotidien
Le logopède travaille la lecture elle-même. À la maison, votre rôle est surtout de soulager l’effort et de préserver le plaisir d’apprendre. Quelques pistes qui aident beaucoup d’enfants :
- lui lire à voix haute les consignes, les textes à comprendre et les leçons à mémoriser ;
- faire des pauses pendant la lecture d’un long texte pour qu’il résume à voix haute ce qu’il vient de lire ;
- appuyer la lecture sur des schémas, des dessins, des couleurs ;
- le laisser réciter ses leçons ou expliquer sa démarche à l’oral plutôt qu’à l’écrit ;
- lui présenter des textes aérés, structurés, tapés à l’ordinateur dans une police lisible ;
- éviter de lui expliquer quelque chose pendant qu’il lit : lire et écouter en même temps lui demande trop d’attention.
Garder le goût de lire
Lire une histoire à deux, une page chacun, ou écouter un livre audio en suivant le texte entretient le plaisir des histoires sans épuiser votre enfant. Des séances courtes et régulières valent mieux qu’une longue séance qui décourage.
Préserver sa confiance
Un enfant dyslexique entend souvent qu’il « ne fait pas assez d’efforts ». Valorisez ses progrès, même petits, et ses réussites dans d’autres domaines. Un enfant qui reprend confiance accepte mieux le travail qu’on lui demande.
À l’école : les aménagements raisonnables
En Fédération Wallonie-Bruxelles, un élève qui présente des besoins spécifiques, comme une dyslexie diagnostiquée, a droit à des aménagements raisonnables dans l’enseignement ordinaire. Ils sont prévus par le décret du 7 décembre 2017, en vigueur depuis le 1er septembre 2018.
Concrètement, il peut s’agir de :
- temps supplémentaire pour les interrogations et les examens ;
- consignes lues à voix haute ou reformulées ;
- documents agrandis et aérés, dans une police adaptée ;
- usage d’un ordinateur ou d’un logiciel de lecture vocale ;
- orthographe moins pénalisée quand elle n’est pas l’objet de l’évaluation.
La demande se fait auprès de la direction de l’école, sur base du diagnostic, et les aménagements se discutent avec les enseignants et le centre PMS. Des aménagements existent aussi pour les épreuves externes, comme le CEB et le CE1D.
En Flandre, les élèves ont aussi droit à des aménagements (« redelijke aanpassingen ») ; depuis le 1er septembre 2023, le soutien est organisé par le décret sur le soutien à l’apprentissage (« decreet leersteun »), avec le CLB comme interlocuteur.
Le soutien d’un coach en français et en méthode de travail
En complément de la logopédie, un accompagnement individuel aide votre enfant à suivre le programme de sa classe sans s’épuiser. Le coach reprend les leçons avec lui, à l’oral et avec des supports visuels, et l’aide à trouver une façon d’étudier qui lui convient.
Chez My Sherpa, un conseiller pédagogique choisit le coach selon les besoins de votre enfant, pour des cours particuliers de français, de l’ aide aux devoirs en primaire ou un travail sur la méthode de travail, à domicile partout en Belgique ou en ligne.
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