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Pourquoi expliquer quelque chose à quelqu’un nous aide-t-il à mieux le comprendre ?

Enseigner pour apprendre : ce qui se passe quand on explique, comment repérer ses lacunes, et une méthode en 5 étapes pour réviser

Vous avez déjà eu l’impression de parfaitement maîtriser un sujet… jusqu’au moment où quelqu’un vous a demandé de l’expliquer ? Trouver les bons mots, organiser ses idées, répondre à une question inattendue : transmettre une connaissance est souvent plus difficile qu’on ne l’imagine. C’est aussi l’une des meilleures façons d’apprendre. Pourquoi enseigner à quelqu’un d’autre aide-t-il à mieux comprendre et à mieux retenir ?

Comprendre et savoir expliquer : deux compétences différentes

Imaginez un étudiant qui vient de terminer un chapitre de biologie. Il a suivi les explications du professeur, relu son syllabus et compris les exemples. Il a le sentiment de bien maîtriser la matière.

Quelques jours plus tard, un camarade lui demande d’expliquer un mécanisme vu dans ce chapitre. L’étudiant commence, puis hésite. Il ne retrouve plus certains termes, peine à relier deux notions et se rend compte qu’il ne sait pas justifier une étape du raisonnement. Pourtant, quand il relit son cours, tout lui semble parfaitement logique.

Cette situation illustre une distinction essentielle : reconnaître une information et être capable de la restituer seul, ce n’est pas la même chose.

Quand on lit un texte ou qu’on écoute une explication, on profite d’une structure déjà construite : les idées arrivent dans un certain ordre, les liens sont explicités, les exemples guident. Expliquer soi-même une notion oblige à reconstruire cette structure : retrouver les informations utiles, les organiser et les exprimer avec ses propres mots. C’est précisément cet effort qui rend l’exercice si utile.

Expliquer oblige à organiser ses connaissances

Quand on apprend une nouvelle matière, les informations ne sont pas toujours bien rangées dans notre esprit. On connaît quelques définitions, quelques formules et une série d’exemples, sans avoir vraiment compris comment ils s’articulent. Expliquer un sujet à quelqu’un pousse à faire ces liens.

Prenons un élève qui doit expliquer la Révolution française à son petit frère. Il pourrait énumérer quelques dates et événements. Mais pour être compris, il devra sans doute répondre à des questions plus fondamentales :

  • pourquoi la Révolution a-t-elle commencé ?
  • quelles tensions traversaient la société française ?
  • comment les événements se sont-ils enchaînés ?

Il doit donc dépasser la simple mémorisation des faits pour construire un raisonnement cohérent. Les chercheurs en sciences de l’apprentissage parlent d’élaboration : enrichir ses connaissances en établissant des liens entre les informations. Plus on relie les idées entre elles, plus on a de chemins pour les comprendre et les retrouver plus tard.

C’est l’une des raisons pour lesquelles expliquer une matière est souvent plus formateur que la relire plusieurs fois. Des expériences ont d’ailleurs montré que des étudiants qui s’attendent à devoir enseigner une matière l’apprennent mieux que ceux qui s’attendent seulement à un test, et que le fait de l’expliquer réellement renforce encore cet effet.

Le pouvoir des mots simples

Expliquer une notion complexe à quelqu’un qui ne la connaît pas oblige à simplifier. Non pas en supprimant l’essentiel, mais en cherchant une manière plus accessible de le présenter.

Un étudiant en physique qui explique la pression atmosphérique à un enfant ne peut pas se contenter de réciter une définition. Il devra utiliser des exemples concrets, des comparaisons ou des expériences faciles à imaginer. Pour y arriver, il doit identifier ce qui fait vraiment le cœur du concept.

Cette démarche rejoint la technique Feynman, du nom du physicien Richard Feynman, connu pour sa capacité à rendre accessibles des concepts scientifiques complexes. Dans sa version populaire, elle consiste à choisir un sujet, l’expliquer simplement, repérer les passages difficiles, puis revenir à la matière pour améliorer son explication.

Ce n’est pas une recette magique, et la méthode n’a pas été validée scientifiquement sous ce nom, étape par étape. Mais elle s’appuie sur des mécanismes d’apprentissage bien étudiés, notamment le fait de rappeler ses connaissances de mémoire et de les reformuler. Et elle repose sur une idée très utile : si l’on n’arrive pas à expliquer clairement une notion, c’est souvent que la compréhension est encore incomplète.

Expliquer pour découvrir ce que l’on ne maîtrise pas encore

L’un des grands avantages de l’explication, c’est qu’elle met les lacunes en lumière.

Quand on relit un cours, on a facilement l’impression de tout savoir : les informations sont familières, les explications semblent évidentes, on reconnaît les notions. Cette familiarité peut créer une illusion de maîtrise. Mais dès qu’il faut expliquer la matière sans ses notes, les difficultés apparaissent : une étape oubliée, une définition pas vraiment comprise, un résultat qu’on ne sait pas justifier.

Ces moments d’hésitation sont précieux. Ils permettent de distinguer ce que l’on sait vraiment de ce que l’on croyait savoir. C’est ce qu’on appelle la métacognition : la capacité à réfléchir à ce que l’on sait, à ce que l’on comprend et à la manière dont on apprend.

Expliquer une matière devient ainsi une forme d’autoévaluation. Plutôt que de découvrir ses lacunes le jour de l’examen, on les repère pendant les révisions, quand il est encore temps d’y remédier.

Les questions des autres font réfléchir autrement

S’adresser à une autre personne apporte un avantage de plus : elle peut poser des questions auxquelles on n’avait pas pensé.

Un enfant qui demande « Pourquoi ? » plusieurs fois de suite pousse vite un adulte à approfondir un sujet qu’il croyait maîtriser. De même, un camarade qui ne comprend pas une étape d’un raisonnement mathématique peut nous amener à chercher une autre démonstration ou à revenir à un principe de base. Il faut alors adapter son explication, envisager d’autres points de vue, et parfois reconnaître qu’on ne connaît pas encore la réponse.

C’est tout l’intérêt de l’apprentissage entre pairs, quand des élèves ou des étudiants travaillent ensemble et s’expliquent des notions. Avec une précaution : une explication fausse peut aussi transmettre une mauvaise compréhension. Il reste donc important de vérifier les informations dans le cours, le manuel ou auprès d’un enseignant.

Enseigner pour apprendre, à tout âge

Cette approche s’adapte à presque tous les niveaux :

  • En primaire : un enfant peut expliquer à ses parents comment il a résolu un problème de mathématiques. Plutôt que de vérifier seulement si la réponse est juste, on peut lui demander de raconter les étapes de son raisonnement.
  • En secondaire : deux élèves peuvent réviser ensemble en s’expliquant chacun leur tour des chapitres. Celui qui explique consolide ses connaissances ; celui qui écoute bénéficie d’une présentation différente de celle du professeur.
  • Dans le supérieur : des étudiants peuvent organiser de petites séances où chacun présente une partie de la matière aux autres. C’est particulièrement utile pour les cours qui demandent de comprendre des mécanismes, des raisonnements ou des liens entre plusieurs concepts.
  • Dans la vie professionnelle : expliquer une procédure à un nouveau collègue aide aussi à mieux la maîtriser.

Le principe reste le même : transformer une connaissance reçue en une explication que l’on est capable de produire soi-même.

Faut-il absolument quelqu’un à qui expliquer ?

Bonne nouvelle : non. On peut s’entraîner à expliquer une notion à voix haute, comme si l’on s’adressait à quelqu’un qui ne connaît pas le sujet. Certains reconstruisent un raisonnement sur une feuille blanche, d’autres s’enregistrent en train d’expliquer un chapitre, ou imaginent devoir le présenter à un enfant de douze ans. L’essentiel est de ne pas simplement lire ses notes.

Voici une méthode facile à appliquer :

  1. Choisissez une notion précise. Par exemple la photosynthèse, une règle de grammaire ou un concept d’économie.
  2. Fermez votre cours. Expliquez la notion avec vos propres mots, sans regarder les explications d’origine.
  3. Imaginez les questions d’un débutant. Pourquoi est-ce ainsi ? À quoi cela sert-il ? Peut-on donner un exemple ?
  4. Repérez vos hésitations. Notez ce que vous avez oublié ou ce que vous ne savez pas justifier.
  5. Retournez à votre cours. Complétez votre compréhension, puis recommencez l’explication.

Quelques minutes suffisent, à la fin d’une séance d’étude. C’est particulièrement utile pour vérifier qu’on maîtrise vraiment une notion avant de passer au chapitre suivant, et c’est un bon complément à une prise de notes efficace.

Expliquer ne remplace pas la pratique

Ce n’est pas pour autant une solution universelle. Savoir expliquer une méthode mathématique ne garantit pas qu’on saura l’appliquer à tous les exercices. Expliquer les règles de grammaire d’une langue ne suffit pas pour la parler couramment. Certaines compétences demandent une pratique régulière, des automatismes et des situations variées.

L’explication complète donc les exercices, les mises en situation et les autres méthodes de révision. Elle est surtout utile pour approfondir sa compréhension, structurer ses connaissances et vérifier ce qu’on a retenu.

C’est aussi pourquoi un bon accompagnement ne se limite pas à donner des explications à l’élève. Il est tout aussi utile de lui demander d’expliquer à son tour ce qu’il vient de comprendre. Dans les cours particuliers My Sherpa, c’est ce qui permet aux coaches de repérer les difficultés qui subsistent, de vérifier que les notions sont comprises et d’aider l’élève à devenir autonome. Car l’objectif n’est pas seulement de comprendre une explication au moment où elle est donnée, mais de pouvoir mobiliser ses connaissances seul, dans un nouvel exercice ou lors d’un examen.

Et si la meilleure façon de vérifier ce que l’on sait était de l’expliquer ?

On associe spontanément l’apprentissage au fait de recevoir des connaissances : écouter un professeur, lire un manuel, regarder une vidéo. Mais apprendre, c’est aussi pouvoir retrouver, organiser et utiliser ces connaissances seul. Expliquer une notion à quelqu’un oblige à faire exactement ce travail : choisir l’essentiel, construire un raisonnement, trouver les bons mots, et parfois répondre à des questions inattendues.

L’exercice peut révéler des lacunes, et c’est justement ce qui fait son intérêt. La prochaine fois que vous aurez l’impression de parfaitement maîtriser un chapitre, essayez de l’expliquer à quelqu’un qui ne le connaît pas. Vous découvrirez peut-être qu’il vous reste des points à approfondir. Ou, au contraire, que vous savez rendre simple ce qui vous semblait compliqué quelques jours plus tôt. Dans les deux cas, vous aurez sans doute appris quelque chose.

Se faire accompagner

Votre enfant a l’impression de connaître sa matière, mais ses résultats ne suivent pas ? Chez My Sherpa, un conseiller pédagogique fait le point avec vous, puis choisit un coach qui vérifie avec lui ce qui est vraiment acquis et l’aide à construire une méthode de travail efficace. Les cours ont lieu à domicile partout en Belgique ou en ligne.

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