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Dysorthographie, dysgraphie ou dyspraxie : les troubles de l’expression écrite

Trois troubles distincts, les signes qui doivent alerter, qui consulter en Belgique et comment aider votre enfant

Votre enfant fait beaucoup de fautes, écrit lentement ou produit des textes très courts, alors qu’il comprend bien la matière à l’oral ? Derrière ces difficultés peut se cacher un trouble de l’expression écrite. Dysorthographie, dysgraphie et dyspraxie sont souvent confondues : ce sont pourtant trois troubles distincts, qui demandent des aides différentes.

Trois troubles différents, souvent confondus

Écrire mobilise deux choses à la fois : savoir comment s’écrivent les mots, et savoir tracer les lettres. Les troubles de l’expression écrite touchent l’une ou l’autre de ces compétences, parfois les deux.

La dysorthographie : un trouble de l’orthographe

La dysorthographie est un trouble durable de l’acquisition de l’orthographe. L’enfant a du mal à faire le lien entre les sons qu’il entend et les lettres qui les écrivent, et à retenir puis appliquer les règles d’orthographe et de grammaire.

Son écriture peut être parfaitement lisible : c’est le contenu orthographique qui pose problème. La dysorthographie accompagne très souvent la dyslexie, le trouble de la lecture, mais elle peut aussi exister seule.

La dysgraphie : un trouble du geste d’écriture

La dysgraphie touche le geste graphique lui-même. L’enfant sait ce qu’il veut écrire, mais son écriture est lente, irrégulière, difficile à relire, parfois douloureuse. Il serre fort son stylo, se fatigue vite et rature beaucoup.

La dyspraxie : un trouble de la coordination des gestes

La dyspraxie, aussi appelée trouble développemental de la coordination (TDC), dépasse largement l’écriture. Le cerveau a du mal à planifier et à automatiser les gestes : s’habiller, découper, utiliser une règle ou un compas, faire du vélo.

L’écriture, qui demande des gestes fins et rapides, en souffre presque toujours : la dyspraxie s’accompagne donc souvent d’une dysgraphie. En revanche, elle ne touche pas directement l’orthographe.

En pratique : les signes qui peuvent alerter

Aucun signe isolé ne suffit à parler de trouble. C’est leur persistance, malgré un enseignement adapté et des efforts réels, qui doit vous mettre la puce à l’oreille.

Du côté de l’orthographe (dysorthographie) :

  • des fautes nombreuses et persistantes, y compris sur des mots très fréquents ;
  • un même mot écrit de plusieurs façons dans un même texte ;
  • des confusions de sons (b/d, f/v, an/on), des lettres oubliées, inversées ou ajoutées ;
  • des règles de grammaire connues à l’oral mais pas appliquées à l’écrit (accords, conjugaison) ;
  • une dictée ratée alors que la leçon avait été étudiée.

Du côté du geste (dysgraphie, dyspraxie) :

  • une écriture lente, irrégulière, avec des lettres mal formées ou mal alignées ;
  • une crispation sur le stylo, une fatigue ou une douleur à la main ;
  • des copies raturées, des prises de notes incomplètes ;
  • pour la dyspraxie, d’autres gestes difficiles : lacets, découpage, géométrie, organisation de la feuille.

Dans les deux cas, les textes rédigés sont souvent courts et peu développés. L’effort consacré à l’orthographe ou au tracé ne laisse plus assez d’énergie pour organiser les idées.

À quel âge peut-on poser un diagnostic ?

Un enfant qui apprend à écrire fait des erreurs : c’est normal. On parle de trouble quand les difficultés restent importantes et durables, malgré une aide ciblée. En pratique, un diagnostic de dysorthographie se pose rarement avant la fin de la deuxième ou de la troisième primaire.

Les difficultés peuvent aussi apparaître plus tard, en secondaire, quand les textes s’allongent et que le rythme de prise de notes s’accélère. Un enfant qui compensait jusque-là peut alors se retrouver en difficulté.

Qui consulter en Belgique ?

Parlez-en d’abord avec l’enseignant ou le titulaire de votre enfant, et avec le centre PMS de l’école, qui peut vous orienter. Le diagnostic, lui, repose sur un bilan réalisé par des professionnels :

  • pour la dysorthographie : un bilan logopédique (orthographe, lecture, langage), souvent complété par un neuropsychologue ;
  • pour la dysgraphie et la dyspraxie : un bilan du geste et de la motricité, avec un neuropédiatre, un ergothérapeute ou un psychomotricien, selon les cas.

Ce bilan permet aussi d’écarter d’autres causes : un trouble de la vue, un trouble de l’attention, ou des lacunes qui relèvent simplement d’un manque d’entraînement.

Ce que l’école peut mettre en place

En Fédération Wallonie-Bruxelles, un décret du 7 décembre 2017 permet aux élèves à besoins spécifiques de bénéficier d’aménagements raisonnables. La demande s’appuie sur un diagnostic posé par un spécialiste. Les aménagements sont ensuite décidés en concertation entre l’école, le centre PMS et les parents.

Il peut s’agir, par exemple, de photocopies des notes, de temps supplémentaire, de l’usage d’un ordinateur ou d’une évaluation qui ne sanctionne pas l’orthographe dans les autres matières. Le détail dépend de chaque élève et de chaque école.

Comment accompagner votre enfant à la maison

Votre rôle est d’abord de préserver sa confiance. Un enfant dysorthographique ou dysgraphique fournit souvent plus d’efforts que les autres pour un résultat qui semble moindre.

  • Allégez l’écriture : pour étudier une leçon, privilégiez l’oral, les schémas, les fiches déjà écrites. Il peut aussi vous dicter ses réponses.
  • Séparez les tâches : n’expliquez pas pendant qu’il écrit. D’abord il écoute, ensuite il écrit.
  • Récupérez les notes : si sa prise de notes est trop lente, il peut photocopier celles d’un camarade et se concentrer sur l’écoute en classe.
  • Utilisez l’ordinateur : le clavier, le correcteur orthographique et la dictée vocale contournent une partie des difficultés, surtout en secondaire.
  • Corrigez peu, mais bien : choisissez une ou deux règles à travailler à la fois, plutôt que de souligner chaque faute.
  • Valorisez le fond : félicitez les idées, le vocabulaire, la logique du texte, indépendamment de l’orthographe.

La dysorthographie va souvent de pair avec des difficultés de lecture : les stratégies utiles en cas de dyslexie (textes aérés, lecture à voix haute, livres audio) l’aident aussi.

Un accompagnement en complément de la rééducation

La rééducation se fait chez le logopède, l’ergothérapeute ou le psychomotricien. À côté, un accompagnement scolaire régulier aide votre enfant à suivre en classe sans s’épuiser, à organiser son travail et à reprendre confiance.

Chez My Sherpa, un conseiller pédagogique choisit pour votre enfant un coach qui tient compte de son trouble et des conseils de ses thérapeutes. Les cours se donnent à domicile, partout en Belgique, ou en ligne. Selon les besoins, ils portent sur les cours particuliers de français, l’ aide aux devoirs en primaire ou la méthode de travail.

Si votre enfant traîne aussi un découragement face à l’école, notre article « Mon enfant n’aime pas l’école » peut vous aider à en parler avec lui.

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