Pleurs le matin, maux de ventre le dimanche soir, devoirs qui finissent en dispute… Votre enfant n’aime pas l’école et vous ne savez plus quoi faire ? Vous n’êtes pas seul. Comprendre ce qui se cache derrière ce rejet est la première étape pour l’aider à retrouver sa place en classe.
Pourquoi mon enfant n’aime pas l’école ?
« Je n’aime pas l’école » est une phrase qui peut vouloir dire beaucoup de choses. Chez un enfant du primaire comme chez un ado, les causes se mélangent souvent. Voici les plus fréquentes.
L’anxiété de séparation
Chez les plus jeunes, quitter la maison peut être difficile, surtout à l’entrée en maternelle ou en première primaire. Ce stress de la rentrée est courant et s’apaise en général quand l’enfant trouve ses repères.
Il peut revenir après un changement : déménagement, nouvelle école, naissance, maladie d’un proche. Quand l’angoisse dure plusieurs semaines et s’intensifie, il est utile d’en parler à un professionnel.
La peur des autres et le harcèlement
À la puberté surtout, le regard des autres pèse lourd. Peur d’être jugé, de ne pas trouver sa place dans un groupe : la cour de récréation peut devenir une épreuve.
Derrière le refus de l’école se cache parfois une situation de harcèlement. Il s’agit de moqueries, de mises à l’écart, de coups ou de messages répétés, en classe ou sur les réseaux sociaux. L’enfant en parle rarement de lui-même, par honte ou par peur des représailles.
La peur de l’échec
Mauvaises notes, peur de décevoir, comparaison avec les camarades : certains enfants vivent chaque contrôle comme un verdict. L’échec fait pourtant partie de l’apprentissage, mais il peut entamer durablement la confiance en soi.
Cette peur reflète parfois des difficultés scolaires réelles, ou un trouble des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, trouble de l’attention…). Un enfant qui s’épuise à suivre finit logiquement par détester l’endroit où il se sent en difficulté.
L’ennui et le manque de sens
D’autres enfants s’ennuient. Les apprentissages ne les intéressent pas, ou ils ne voient pas à quoi ils servent. Certains enfants à haut potentiel sont dans ce cas, même si l’ennui a bien d’autres causes possibles.
Un enfant peut aussi avoir de vraies qualités que l’école valorise peu. Notre article sur les 8 formes d’intelligence vous aidera à repérer ses points forts.
Les signes à surveiller
Ne pas aimer l’école est fréquent et souvent passager. Certains signes méritent pourtant plus d’attention :
- des maux de ventre, de tête ou des nausées qui apparaissent surtout les jours d’école ;
- des pleurs, des crises ou un refus d’y aller qui durent plusieurs semaines ;
- une baisse soudaine des résultats ;
- un repli sur soi, ou au contraire une attitude provocante nouvelle ;
- des absences, des oublis de matériel répétés, des devoirs systématiquement évités.
Quand l’angoisse devient si forte que l’enfant ne parvient plus à aller en classe, on parle de phobie scolaire, ou de refus scolaire anxieux. Ce n’est ni un caprice ni de la paresse : un suivi par un professionnel est alors nécessaire.
Chez l’adolescent, l’absentéisme et le désintérêt peuvent aussi être les premiers signes d’un décrochage scolaire. Plus on agit tôt, plus il est facile de renouer le lien avec l’école.
Mon enfant n’aime pas l’école : que faire ?
Ouvrir le dialogue
Le premier pas est d’écouter. Choisissez un moment calme, sans écran ni urgence, et laissez votre enfant raconter sa journée avec ses mots. Quelques attitudes aident :
- accueillez ses émotions, même si elles vous semblent exagérées : sa peur est réelle pour lui ;
- posez des questions ouvertes (« Qu’est-ce qui a été difficile aujourd’hui ? ») plutôt qu’un simple « Ça s’est bien passé ? » ;
- rappelez-lui une difficulté qu’il a déjà surmontée ;
- félicitez l’effort, pas seulement le résultat.
Rassurer, avec un cadre clair
Parlez de l’école au futur (« Demain, quand tu seras en classe… ») et gardez des au revoir courts et chaleureux. Pour un enfant anxieux, avancer par petites étapes peut aider : vous l’accompagnez jusqu’à la porte un jour, jusqu’au coin de la rue le lendemain.
Il est tentant de le garder à la maison quand il pleure. Mieux vaut pourtant éviter les absences répétées : plus l’enfant reste éloigné de l’école, plus le retour devient difficile. En cas de phobie scolaire, ce retour se prépare avec l’école et un professionnel.
Rendre les devoirs plus sereins
Quand les devoirs tournent au conflit chaque soir, toute la famille en souffre. Un horaire fixe, un coin de travail calme et des pauses courtes changent souvent beaucoup.
Si les tensions persistent, confier ce moment à une autre personne permet de souffler. C’est le rôle de l’aide aux devoirs : vous retrouvez votre place de parent, et votre enfant travaille avec quelqu’un de neutre.
Garder une vie en dehors de l’école
Un sport, de la musique, un mouvement de jeunesse : une activité choisie par l’enfant lui permet de réussir ailleurs et de garder des amis. Elle nourrit aussi sa confiance, qui finit par rejaillir sur l’école.
Ne restez pas seul : à qui vous adresser ?
Accompagner un enfant qui n’aime pas l’école est un travail d’équipe. N’attendez pas que la situation s’aggrave pour en parler.
- L’école : le titulaire, l’éducateur ou la direction peuvent vous dire comment votre enfant se comporte en classe et à la récréation. Prévenus, ils seront aussi plus attentifs.
- Le centre PMS : chaque école travaille avec un centre psycho-médico-social. Son équipe reçoit gratuitement les élèves et les parents, de la maternelle à la fin du secondaire, pour les questions de bien-être, d’absentéisme, de harcèlement ou d’orientation.
- Les professionnels de santé : votre médecin traitant, un psychologue en cas d’angoisse forte ou de phobie scolaire, un logopède si l’on soupçonne un trouble de la lecture, de l’écriture ou du calcul.
- Le 103 (Écoute-Enfants) : un numéro gratuit et anonyme de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où les jeunes peuvent parler de ce qu’ils vivent, y compris à l’école.
Redonner confiance grâce à un accompagnement individuel
Quand le rejet de l’école vient de difficultés dans une matière ou d’une méthode qui ne fonctionne pas, un accompagnement individuel peut l’aider à reprendre pied. Avancer à son rythme, sans le regard de la classe, permet de vivre de nouveau des réussites.
Chez My Sherpa, un conseiller pédagogique écoute votre situation et choisit pour votre enfant le coach qui lui convient. En cours particuliers, à domicile partout en Belgique ou en ligne, le coach travaille les matières qui posent problème. Il peut aussi l’aider à construire une méthode de travail qui lui redonne de l’autonomie.
Un enfant qui n’aime pas l’école n’est pas condamné à la détester. Avec de l’écoute, les bonnes personnes autour de lui et un peu de patience, il peut retrouver le goût d’apprendre.