Réviser beaucoup ne suffit pas toujours : réviser bien compte davantage. Certaines habitudes très répandues donnent l’impression de travailler sans laisser grand-chose le jour de l’examen. Voici les erreurs fréquentes pendant les révisions, et ce qui marche à la place.
Ces conseils valent pour le secondaire comme pour le supérieur. Ils s’appuient sur ce que la psychologie cognitive a bien établi sur l’apprentissage, et sur ce que nos coaches observent chez les élèves et les étudiants qu’ils accompagnent depuis 2003.
Quelles erreurs éviter pendant les révisions d’examens ?
En bref, les sept pièges les plus courants :
- commencer trop tard et tout réviser d’un bloc ;
- relire et surligner au lieu de se tester ;
- apprendre par cœur sans comprendre ;
- éviter les exercices et passer vite sur ses erreurs ;
- enchaîner les heures sans pause, le téléphone à portée de main ;
- rogner sur le sommeil ;
- rester seul face à une matière qui bloque.
1. Commencer trop tard et tout réviser d’un bloc
C’est l’erreur la plus fréquente. On repousse, puis on rattrape tout dans les derniers jours. Le travail se fait alors dans l’urgence, et la compréhension passe au second plan.
La recherche est claire sur ce point : répartir l’étude d’une même matière sur plusieurs séances espacées (ce qu’on appelle la pratique distribuée) donne une mémoire plus durable que la même durée concentrée en une fois.
Ce qui marche :
- revoir chaque chapitre plusieurs fois, à quelques jours d’intervalle, plutôt qu’une seule fois longuement ;
- commencer par les matières les plus lourdes ou les moins maîtrisées ;
- garder les derniers jours pour la consolidation, et non pour la découverte.
2. Relire et surligner au lieu de se tester
Relire ses notes et passer le fluo sur son syllabus est rassurant : le texte paraît familier, on a le sentiment de le connaître. Mais reconnaître une information n’est pas la même chose que savoir la retrouver seul, devant une feuille blanche.
Une grande synthèse de la recherche en psychologie de l’apprentissage (Dunlosky et ses collègues, 2013) classe la relecture et le surlignage parmi les techniques peu efficaces. En haut du classement : se tester et espacer ses révisions.
Ce qui marche :
- fermer le cours et écrire de mémoire ce qu’on a retenu, puis vérifier ;
- se poser des questions, ou utiliser des fiches question au recto et réponse au verso ;
- refaire les questions d’anciens examens ou d’interrogations, quand elles existent.
3. Apprendre par cœur sans comprendre
Beaucoup d’élèves voient les révisions comme un pur exercice de mémoire. Cela tient pour une liste de dates ou de vocabulaire. Face à une question de réflexion, un problème ou une application, le par cœur s’effondre.
Ce qui marche :
- reformuler chaque notion dans vos propres mots ;
- expliquer un chapitre à quelqu’un d’autre : les trous apparaissent tout de suite ;
- relier les idées entre elles, par exemple avec une carte mentale ou un schéma ;
- se demander « pourquoi ? » et « comment ? » à chaque étape d’un raisonnement.
Ces techniques demandent plus d’effort que la relecture. C’est justement cet effort qui fait retenir.
4. Éviter les exercices et passer vite sur ses erreurs
Certains repoussent les exercices « pour quand ils seront prêts ». D’autres les font, regardent la correction et passent au suivant. Dans les deux cas, on perd ce que l’entraînement apporte de plus précieux.
S’exercer, c’est déjà se tester. Et une erreur bien analysée est souvent la meilleure leçon de la journée.
Ce qui marche :
- varier les exercices, des plus simples aux plus complexes ;
- chercher la cause de chaque erreur : notion mal comprise, étourderie, consigne mal lue, manque de temps ;
- noter ces erreurs dans un carnet et le relire avant l’examen ;
- refaire quelques jours plus tard l’exercice raté, sans regarder la solution.
En mathématiques et en sciences, cette analyse des erreurs fait souvent toute la différence.
5. Enchaîner les heures sans pause, le téléphone à portée de main
À l’approche des examens, la tentation est forte de rester assis des heures. L’attention baisse pourtant au fil du temps, et une après-midi « au bureau » peut contenir beaucoup moins de vrai travail qu’il n’y paraît.
Le téléphone aggrave les choses : chaque notification interrompt la concentration, et il faut ensuite du temps pour s’y remettre.
Ce qui marche :
- travailler par blocs courts et définis, suivis d’une vraie pause ; la méthode Pomodoro, par exemple, propose 25 minutes de travail et 5 minutes de pause ;
- adapter la durée des blocs à votre rythme, l’essentiel est de les respecter ;
- pendant la pause, bouger, boire de l’eau, s’aérer, plutôt que de faire défiler un écran ;
- mettre le téléphone dans une autre pièce pendant les blocs de travail.
Sur ce dernier point, voir aussi notre article sur l’impact des réseaux sociaux sur la vie des étudiants.
6. Rogner sur le sommeil
Réviser tard le soir, ou passer une nuit blanche avant un examen, semble faire gagner du temps. C’est un mauvais calcul : le sommeil joue un rôle important dans la consolidation de ce qu’on a appris pendant la journée, et la fatigue réduit l’attention le lendemain.
Les repères des sociétés savantes du sommeil (l’American Academy of Sleep Medicine notamment) :
- de 13 à 18 ans : 8 à 10 heures par nuit ;
- à partir de 18 ans : au moins 7 heures.
Pendant le blocus aussi, des horaires réguliers, des repas pris à heure fixe et un peu d’activité physique aident à tenir sur la durée. Inutile en revanche de chercher un aliment miracle pour la mémoire : une alimentation équilibrée suffit.
7. Rester seul face à une matière qui bloque
Beaucoup hésitent à demander de l’aide, de peur de paraître moins autonomes. Pourtant, une difficulté identifiée tôt se règle souvent en quelques séances, alors qu’elle peut peser lourd si on la découvre la veille de l’examen.
Ce qui marche :
- poser ses questions au professeur, au titulaire ou à l’assistant dès qu’un point reste flou ;
- réviser parfois à deux ou en petit groupe, pour s’interroger mutuellement ;
- se faire accompagner sur la matière qui bloque, ou sur la façon de réviser elle-même.
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Pour aller plus loin, retrouvez aussi nos 5 conseils pour étudier et réussir ses examens, ainsi que nos cours particuliers pour le secondaire et le supérieur.